Chaque jour nous recevons des dizaines de messages. 
Des appels au secours la plupart du temps mais aussi parfois des témoignages remplis d’espoir qui nous incitent à poursuivre notre engagement.

Le constat est dramatique et sans appel : même si chaque histoire est singulière, elles sont toutes similaires. 

Parce que ces situations sont indignes de notre pays, que les promesses sont insuffisantes et qu’il est urgent de prendre des mesures concrètes, nous avons décidé d’en retranscrire certaines.

Des cas cliniques, des faits, juste des faits, sans commentaire, comme un état des lieux de la prise en charge de la santé mentale des enfants et des adolescents en France et de l’ampleur de la méconnaissance des troubles psychiques dans cette tranche d’âge. 
Parce qu’il n’y a pas de discours plus puissant que le vécu des familles.
Parce qu’on ne peut rien objecter à la réalité qui ne relève ni d’une opinion ni d’une croyance. 

➡️ Pour alerter,
➡️  Pour arrêter d’attendre 
➡️ Pour faire réagir,
➡️ Pour agir,
➡️ Pour que personne ne puisse plus jamais dire « on ne savait pas »…
➡️  Pour que chacun prenne ses responsabilités.

En tant qu’association de parents, nous avons pourtant des solutions simples à proposer et nous ne demandons qu’à être entendu. 

Et vous, vous feriez quoi ?

Commentez. Partagez. Témoignez.

Pour qu’il ne soit plus jamais trop tard.
 
Léa a 16 ans.  Depuis toute petite, Léa a toujours été très active, artiste dans l’âme, elle joue du piano et de la guitare. Elle est décrite par sa mère comme désordonnée dans ses affaires comme dans ses pensées. On note également un manque d’attention. Plus jeune, Léa était parfois sujette à des crises de colère avec une forte intolérance à la frustration. Les conflits avec ses copines sont récurrents et elle ne les garde jamais très longtemps. 
 
Léa vit dans le sud-ouest de la France avec sa mère et son frère. Son père s’est suicidé il y a 3 ans. Léa, comme le reste de la famille, a régulièrement subi l’agressivité de son père pour lequel un trouble bipolaire a toujours été soupçonné. Mais il a toujours refusé se faire soigner. Son frère a été diagnostiqué TDAH.
Léa est âgée de 13 ans au décès de son père et c’est à cet âge que débute sa prise en charge. 
Léa va mal.  Un traitement antidépresseur (Paroxétine) est alors initié par son médecin généraliste. L’effet est immédiat mais avec un épuisement thérapeutique au bout de quelques semaines. C’est à ce moment-là que, d’après sa maman, Léa « vrille ». Elle se met à consommer de l’alcool et à fumer des joints. 
Elle est hospitalisée pour la première fois. Mais comme elle vient de perdre son papa, c’est mis sur le compte du choc émotionnel. 
La Paroxétine est alors remplacée par la Sertraline. Le traitement n’est maintenu qu’une semaine car Léa est très agitée voire excitée.  Tous les traitements sont arrêtés et elle est renvoyée chez elle. La Ritaline est évoquée mais non prescrite.
La semaine d’après elle est hospitalisée à nouveau. La Fluoxétine est introduite en association avec l’Aripiprazole à petite dose en plus du Tercian.
De nouveau, rapidement les effets thérapeutiques s’épuisent et la Fluoxétine a des effets secondaires. L’Aripiprazole est alors augmenté et elle est remis de nouveau sous Sertraline.
Au retour à la maison les doses de Tercian la sédatent énormément et elle dort 20H sur 24H. La maman décide de l’arrêter.
 
Depuis la réintroduction de la Sertraline, sa maman décrit Léa comme très agressive voire de plus en plus. Ce qui la conduit même à appeler la police car sa fille l’a menacée avec un couteau. Léa finit en garde à vue.
 
Léa fait une TS, c’est sa troisième, elle est hospitalisée de nouveau.  La Sertraline est arrêtée, l’Aripiprazole augmenté et le Tercian réintroduit. 
 
La maman interroge les médecins sur la pertinence de l’introduction du Lithium mais pour les médecins ce n’est pas la prescription de première intention. Quand elle parle du papa, on lui répond que ce n’est pas héréditaire et qu’il est inutile de le prendre en compte. Ils lui expliquent qu’ils préfèrent augmenter les doses d’Aripiprazole plutôt que de mettre du Lithium car, d’après eux, il s’agit d’un produit plus dangereux et pour lequel elle est trop jeune.
Malgré tout, la maman insiste, le médecin lui répond alors qu’il ne peut rien faire de plus et que si elle souhaite du Lithium, il faut se tourner vers un Centre Expert.
Il conclu en lui disant que sa fille va bien et que l’adolescence peut se mêler à tout ça.
La maman s’oppose à sa sortie de l’hôpital car, à l’inverse des médecins, elle trouve sa fille encore très instable. Léa, quant à elle, a une impérieuse envie de sortir de l’hôpital et sa maman appréhende le retour à la maison.  Les médecins insistent pour qu’elle la récupère en précisant que sinon cela risquait de créer des conflits plus importants entre elle et sa fille.  Ils lui proposent de mettre en place une aide avec des éducateurs et lui conseillent d’appeler le 17 si une nouvelle crise venait à se produire. 
 
La maman repart avec sa fille, une ordonnance d’Aripiprazole avec des doses augmentées et du Tercian. Léa a déjà pris 10kg en quelques mois. Elle se dit prête à tout pour aider et même sauver sa fille.

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