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Soigner la cyclothymie

 

Pour soigner les humeurs, il faut :

  1. Connaitre la cyclothymie, cela s’appelle la psychoéducation
  2. Une thérapie psychologique, la plupart du temps “comportementale et cognitive” : TCC
    Pour apprendre les bons comportements, savoir agir et réagir correctement pour que tes humeurs ne s’enflamment pas. C’est la psychothérapie qui va te l’apprendre.
  3. Des médicaments si necessaire pour te protéger des “grosses crises”
  4. Une bonne hygiène de vie
  5. Adapter ton environnement si possible.

1. La psycho-éducation

La psycho-éducation, c’est faire le tour du proriétaire de ta cyclothymie, ta bipolarité.
Le médecin doit t’expliquer ton diagnostic, c’est légal.

Mais ce n’est pas en 30 minutes qu’il va pouvoir tout t’apprendre.
Aussi certaines équipes proposent avant d’entamer à proprement parler une TCC, de faire la psycho-éducation. Parfois même, cela fait partie de la TCC.

Ne sois pas surpris non plus si ton médecin t’encourage à te documenter sur internet ou en lisant sur le sujet. Ce sera plus facile si tu as défriché le terrain.

La psycho-éducation concrètement :

> t’apprend ce qui se passe dans le cerveau.
> t’apprend ce que la cyclothymie change dans ta pensée et ton comportement (ta psychologie).
> t’expose des méthodes et des outils pour la stabiliser.

Le but est que tu deviennes un “expert de la maladie”

  • Pour que tu puisses faire tes choix sur les soins de plus en plus en grandissant.
  • Pour t’aider à mettre en place une bonne hygiène de vie.
  • Pour comprendre comment gérer tes émotions.
  • Pour comprendre comment créer de bonnes relations avec les autres.
  • Pour commencer à changer tes comportements et obtenir des bonnes habitudes qui stabilisent les humeurs.

La psycho-éducation, c’est la base pour comprendre et agir.
Ce site participe à ta psycho-éducation.

La TCC : Thérapie Comportementale et Cognitive

La Thérapie Comportementale et Cognitive est la psychothérapie la plus efficace et rapide.
Elle peut résoudre un large éventail de problèmes : trouble de l’humeur, dépression, anxiété, TOC, phobies, addictions, trouble du comportement alimentaire, ….
Mais aussi tout simplement améliorer sa vie personnelle car elle est basée sur le bon sens.

La TCC aide la personne à identifier le problème et à le résoudre en fonction de 3 dimensions :

  • comportementale = ce que l’on fait
  • cognitive = ce que l’on pense (savoir, apprendre)
  • émotionnelle = ce que l’on ressent

Concrètement la TCC c’est :

  • Un nombre limité de séances
  • Identifier les problèmes
  • Prendre conscience de sa manière de penser, repérer ses croyances
  • Faire le lien entre sa pensée et ses comportements et la réalité
  • Apprendre à penser plus juste, pour mieux voir la réalité des faits.
  • Adapter sa façon d’agir pour qu’elle ne pose plus de problème.
  • En mettant l’accent sur ses problèmes concrets et actuels.

On pense comme des automates :

Le cerveau à tendance à emprunter des “chemins” connus, déjà empruntés et il aura tendance à utiliser ce chemin là plutôt qu’un autre. C’est ce qu’on appelle les shémas de pensée.

Ces cheminements, ces réponses, peuvent être efficaces dans telle situation MAIS parfaitement inadaptés dans d’autres.

En prenant conscience du coté “automatique”, de nos pensées et comportements, cela permet de réorienter nos réponses plus justement aux situations.

Dans le cadre de la cyclothymie, c’est la base pour décrypter les réponses que l’on donne, et les émotions que cela déclanche.


Gestion des émotions

Pour la cyclothymie, un des points les plus important, c’est apprendre à gérer ses émotions.
Un enfant cyclothymique ressent les émotions très très TRES fortement !

S’il est donc normal qu’un enfant standard puisse gérer seul ses émotions, la même chose devient difficile pour un enfant cyclothymique. Cette hyperémotivité est son challenge à lui.

La TCC va t’apprendre :

  • reconnaître ses émotions : leur donner un nom, une description.
  • rechercher la source de ces émotions : j’ai identifié que je suis en colère, mais pourquoi ?
  • A ne pas laisser gratuitement l’émotion s’exprimer : je sais que je suis en colère, je sais pourquoi, je peux donc remplacer mes manifestations de colère par des mots simples et exprimer ce que je ressens : les gens autour de moi pourront ainsi m’aider et ne seront pas agressés.
  • A prendre du recul : faire le tri de ce qui est grave ou pas. Repérer la réalité.
  • adapter ses comportements pour qu’ils soient en adéquation avec cette réalité (qui a été masquée par l’émotion trop forte).

Menée avec des enfants, cette TCC passe par des jeux, des dessins, de la simulation.

Irène : « Lorsque j’attends ma fille dans la salle d’attente, je l’entends rire » « Lorsque nous faisons une séance à 3 (psychologue, ma fille et moi), ma fille est frustrée parce qu’elle n’a pas joué. »

Lors d’une TCC, on part d’une situation précise, on la décode et on en tire un enseignement.

Le fait que « ce soit Amélie qui m’ennuie tout le temps » n’est pas vraiment important. Le psychologue va s’intéresser uniquement à la situation « quelqu’un me titille en permanence, cela me met en colère, je ne comprends pas, que ce passe-t-il dans ma tête et quelle est la réaction/comportement le plus appropriée ».


Les médicaments

Pourquoi je dois prendre ces médicaments !


Pour que la thérapie soit efficace

Les traits cyclothymiques (très émotionnel, très sensible, instable, impulsif, anxieux…) sont liés aux failles psychologiques qui rendent la vie si compliquée aux cyclothymiques.
On peut parvenir à réduire leurs effets en apprenant à les connaitre et à les contourner. C’est ce que tu fais grâce à ta TCC ( Thérapie Comportementale et Cognitive).

Mais parfois le travail de TCC peut-être difficile à mener seul, trop difficile. Pourquoi ?

Parce que tes émotions peuvent être trop fortes pour que tu puisses apprendre à les gérer efficacement. C’est comme si on te demandait de nager 5 kilomètre dans un océan déchaîné alors que tu ne sais pas encore nager.
Tu te rends bien compte que c’est IMPOSSIBLE !

Tu as donc besoin qu’elles soient moins fortes pour les dominer. Bien sûr avec l’habitude tu deviendras un maître en la matière mais en attendant, il faut que tu t’entraînes sur des choses plus faciles. C’est pour cette raison que ton psychiatre peut souhaiter que tu prennes un médicament.


Pour t’aider à vivre mieux

Certains symptômes sont très difficiles à vivre, surtout en cette période où tu es : l’adolescence. L’adolescence, c’est beaucoup de changements, ce sont aussi des hormones qui cherchent leur place.
Cela ne t’aide pas.
D’autres symptômes sont peut-être plus faciles à vivre mais ils s’expriment chez toi avec beaucoup de vigueur. Eux aussi se conjuguent mal avec ton adolescence.
Si on laisse ces symptômes diriger ta vie, tu vas souffrir, ton adolescence va laisser des cicatrices pour la vie. C’est dommage. C’est pour cette raison que ton médecin souhaite que tu prennes des médicaments.


Pour devenir autonome et responsable de ta maladie

Si tout le monde est d’accord, tu prends des médicaments. Ce sont maintenant tes amis.

Pourquoi ?

  • Parce que l’objectif est que tu sois autonome face à ta cyclo, la thérapie t’y aide et permet de limiter les doses ( le but n’est pas de vivre en zombie quand même ! )
  • Parce que, de toute façon, le médicament seul a ses limites. Il ne peut pas tout résoudre. Actuellement, les médecins conseillent de ne les utiliser qu’en alliance avec une thérapie : les médicaments pour atténuer, la thérapie pour devenir autonome.

Les différents médicaments :

LES THYMORÉGULATEURS :

C’est LE traitement de base des troubles de l’humeur. Si tu dois en retenir qu’un c’est ton “thymo” !
Le thymorégulateur de l’enfant et de l’ado, en tout cas dans de nombreux cas c’est le “VALPROATE” (Dépakine, Micropakine…). Mais il y en a d’autres.

Les 2 molécules principales sont :

  • LE VALPROATE DE SODIUM : il est utilisé pour les épilepsies, et peut se donner à des jeunes enfants. On a découvert qu’il régulait les humeurs.
  • LE LITHIUM le thymorégulateur ancestral. Il est réputé être LE traitement des bipolarités adultes car son taux de réussite est de 79%. C’est le seul a avoir prouvé son efficacité sur toute une vie!!!Attention, avec le lithium, il faut être régulier : pas question de l’arrêter, le reprendre… Sinon ton corps réagira de moins en moins bien. Ne grille pas tes chances, ne l’arrête surtout pas sans l’avis ET le suivi de ton médecin.

LES AUTRES MEDICAMENTS

Il se peut également que des médicaments divers et variés soient ajoutés au thymorégulateur :

Stimulant = pour lutter contre l’hyperactivité et la concentration.
Antidépresseur = pour lutter contre la dépression, les tocs….

Ces deux là : attention, ne jamais, jamais les prendre sans thymorégulateur! Tu dois être très surveillé car ils peuvent te provoquer un virage de l’humeur.

Anxiolytique= contre l’anxiété
Antipsychotique = contre l’impulsivité et les idées “bizares”

Ce n’est pas une obligation et c’est totalement fonction de la cyclothymie, du cyclothymique et d’autres maladies présentes.

LES EFFETS SECONDAIRES

Houlala, toi, tu as lu la notice et te voilà paniqué!!!!

Attention, les fabriquants de médicaments sont obligés par la loi de tout noter, même si ce n’est arrivé qu’à une seule personne sur terre!
Heureusement la plupart du temps, le médicament est trés bien suporté.

Il faut se rappeler
1 personne spécifique = 1 cyclothymie spécifique = 1 traitement spécifique = 1 réaction spécifique.

Normalement tu n’auras pas d’effet secondaire.

Sauf peut-être au début, le temps que le médicament se mette en place et que ton corps s’habitue.

Tu vas avoir la joie de somnoler… toi qui ne dormait plus, vive les bonnes nuits!
Tu vas avoir l’immense plaisir de squatter les toilettes un peu plus…. (hé tu sais, tes copains cyclo l’appellent la dépachiotte ce fameux médicament!)

Mais au bout de 1 semaines à 2 semaines…. pfffiout, te voilà en pleine forme!


Si tu es le cas qui a des effets secondaires difficiles ou qui durent

Pas de panique, il faut prévenir ton médecin.
Le but du médicament c’est de te réguler, pas de te laisser comme une loque!

Le médecin pourra changer ton traitement, ou modifier les doses.

Ce médicament doit te laisser les bons cotés comme la créativité par exemple.
Bien sur ce ne sera plus tes super UP comme avant, et je sais que tu vas les regretter au départ…
Mais ces ups, ce n’est pas toi !

Ca vaut quoi tes créations si ça elles ne représentent pas ce que tu es vraiment ?


PATIENCE (pouah… mais bien obligé! ) , tu vas apprendre à tirer parti des petits up sans que ça degénère!

PATIENCE, car parfois on tatonne pour trouver ce qui te convient.
Regarde petit à petit ce que tu as gagné, même si ton traitement n’est pas encore super adapté à toi.

Martin, 13 ans, avec humour face à son tube de Dépakine : “Oh merci, fallait pas, c’est trop tout ça, moi qui en revait!


EN SAVOIR PLUS ?

Le “slogan” 
de la clinique du château de Garches :
“Mieux un patient est informé, mieux il se soigne, meilleur est le résultat.”

Le Dr Hantouche dit :
“Deviens expert de ta maladie, car tu es responsable de ta cyclothymie.”

Médicaments :
Médicament = objectif pour être mieux + acteur de ta vie

Tu es responsable des effets de ta cyclo,  si tu ne fais rien pour la dompter.

SURTOUT ne change pas les doses toi-même, demande à ton médecin quoi faire si tu ne te sens pas bien.
Tu peux également lui demander ce que tu dois faire au cas ou….

LIRE :

“La TCC pour les nuls”
de ROB Willson et Rhena Branch – Ed First Editions.

LE CERVEAU A TOUS LES NIVEAUX
Symptômes, traitement, et cause de la dépression et de la maniaco-dépression

Sources :

  • www.ctah.eu
  • Sources : “la TCC pour les nuls”de ROB Willson et Rhena Branch – Ed First Editions.
  • “Soigner sa cyclothymie, les 7 clés pour retrouver le contrôle de soi” de Elie Hantouche et V Trybou- Broché
  • TOC, vivre avec et s’en libérer du Dr Elie Hantouche – ed Jlyon
  • AFTCC.org
  • AFTOC.org
  • BPChildren.org