06/02/2012

Comment aider mon enfant :

Votre enfant est diagnostiqué cyclothymique (ou bipolaire), vous avez lu les conseils généraux sur les humeurs. Mais très concrêtement quels sont les points essentiels pour l'aider :

Suivre la prise de médicament.

Vous devez vous assurer que votre enfant prend bien ses médicaments.
C'est important pour avoir une vision juste de son efficacité.
C'est important car votre enfant va avoir tendance à le zapper : Au mieux ça l'ennuis de prendre des médicaments tous les jours... Au pire, il associe médicament à "fou" et refuse qu'un comprimé le catalogue.
C'est important car le médicament va très vite agir pour gommer les pics des humeurs, et maintenir votre enfant dans une zone sécuritaire.

Quand il est en dehors de la maison, demandez à un adulte d'être vigilent.
Les oublis risquent de mettre plusieurs mois d'efforts par terre.

Suivre ses humeurs, et sa santé.

Notez ses humeurs quotidiennement au début :
Il est important d'avoir l'historique, le feedback pour que le médecin affine son traitement et la prise en charge. Notez les moments difficiles dans sa vie. Notez les effets de bords : comorbidité qui apparait, autres maladies (grippe...) Aidez votre enfant à correler ce qu'il lui arrive avec ses humeurs, cela fait parti de l'apprentissage.
Par la suite, noter uniquement les moments clés.

Soyez vigilent aux autres médicaments qui peuvent interférer avec sa bipolarité :
Notament les anti-dépresseurs, la Ritaline (médicament pour l'hyperactivité), mais aussi Milpertuis...
Faites attentions à la junkFood (fastfood, plats-preparés, chips, sucres....) qui ont tendance à activer l'hyperactivité.

Parlez aux enseignants :

Il est utile d'en parler, afin d'éviter au maximum les mauvaises interprétations.
Beaucoup vont nier la maladie. Ne soyez pas destabilisé, proposez des solutions :
  • Pas de bras de fer avec l'enfant,
  • Bienveillance et fermeté.
  • Demandez des adaptations salutaires comme la possibilité de sortir de la classe.
  • Soutien scolaire...
  • N'hésitez pas à leur demander LEUR solution.

Accompagnez les enseignants, eux aussi sont confrontés à la cyclothymie de votre enfant et vous savez bien comme cela peut-être perturbant.

N'hésitez pas à faire le point régulièrement.

Pour vous aider, Bicycle propose un dépliant spécial enseignants à remettre à l'école de votre enfant.

Maintenez la routine :

Les enfants cyclothymiques ont besoin de routine, cela les sécurise.

Cela permet caler les humeurs et d'éviter un déreglement supplémentaire.

Ado, on peut y mettre une flexibilité de quelques heures, mais veiller à rester dans un crénaux restreint. (Le sommeil : Pas après minuit, Pas après 11h.)

Prévenir à l'avance de ce qui va arriver.

Utilisez agendas, calendrier, post'it sur le frigo, SMS...
Prévénez-les, les imprévus sont générateurs de forts stress.

Ne négliger pas une thérapie pour vous et/ou une thérapie familiale :

Avoir un enfant cyclothymique génère bien souvent un sacré bazar dans la famille.
Celle-ci vie un stress permanent, tout le monde est mis à rude epreuve, tant et si bien que cela peut faire exploser la famille (divorce...)
Les autres enfants sont également en souffrance face à celui qui monopolise l'attention, les forces de ses parents.
Rééquilibrer les rapports entre les différents membres, apprendre à ne pas amplifier les problématiques... c'est salutaire et c'est ce que vous apportera une thérapie.

Soyez vigilent aux risques suicidaires

On a pas envi d'y penser, quoi de plus terrible de s'imaginer que votre enfant puisse attenter à ses jours. Pourtant c'est le risque majeur de la cyclothymie.

Sans paniquer, sans "psychoter", baliser le terrain peut s'avérer utile :

  • Numéros d'appels accéssibles (voir fiche numéros d'urgence)
  • Parlez de cet aspect de la maladie avec lui:
    Quand son corps est UP, et que son humeur est Down = zone de danger.
  • Communiquer avec son enfant, c'est lui offrir la possibilité de se sentir en confiance et de venir vous parler en cas de besoin.
  • Surveillez les changements dans son attitudes, les nouveautés.


EN SAVOIR PLUS ?

FACE A SES MAUX OFFREZ LUI LES MOTS :
Donner le vocabulaire aux enfants, leur permettre de mettre des mots sur leurs ressentis, leur problèmes:
> C'est réduire leur stress, car nommer permet d'apprehender, de comprendre et d'agir.
> C'est leur permettre d'élaborer des stratégies face a leurs problèmes identifiés et nommés.

Il parle beaucoup, vous lui dites : "Tais-toi".
Il n'a pas la capacité de saisir la nuance entre le "Tais-toi, tu me derranges", ou "Tais-toi tu es en pleine logorrhée, il faut stopper ce up".
Expliquez lui le terme de logorrhée, et dites lui dorénavant: " Stoppons cette conversation qui vire en logorrhée."

oui, oui, essayez, vous serez surpris!

LIENS :

CTAH - Caline Majdalani :

Je suis un parent dépassé par les crises de mon enfant :

1. Le pouvoir de la frustration

2. Apprendre
3. Anticiper
4. Résolution
5. Empathie
6. Identifier
7. Solution de crise
8. Ensemble

CAMH: La bipolarité des parent expliqué aux enfants

CABF : BPKID FOUNDATION
BPCHILDREN : Site de l'asso

ARGOS2001 : Conseils aux proches

BIBLIOGRAPHIE :

"Cyclothymie, Troubles des enfants et des adolescents au quotidien"
Dr E Hantouche et B Houyvet- J Lyon 2007

"Guide de survie pour les parents débordés"
Dr Frederic Kochman - ed Archipel

"Le Taptap de maman"
de Delphine DY - Ebook à commander sur le site : www.delphinedy.fr

Sources :

  • www.ctah.eu - publications de Caline majdalani
  • GUERIR - Le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse. David Servan-Schreiber - Ed Pocket
  • PARENTS EFFICACES - Dr Thomas Gordon - Ed MARABOUT ou Ed Pocket.
  • "Les Thérapies Comportementales et Cognitives pour les nuls"- ROB Willson et Rhena Branch 
    Ed First Editions
  • http://www.webmd.com/bipolar-disorder/guide/bipolar-children-teens

BICYCLE, Maison des associations,
17 square de l’Hébergerie 78450 Villepreux