aux familles et éducateurs
d'enfants cyclothymiques et adolescents bipolaires
Trouble de l'humeur - Cyclothymie - Bipolarité
06/02/2012
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Pourquoi "Cyclothymie pour désigner la bipolarité juvénile ?
Partie 1 : Un peu d’histoire
Quand, en 1863, Ludwig K. Kahlbaum créait le terme de cyclothymie (du Grec Kyklos, cycle et Thymos, état d’âme), il y incluait tous les troubles de l’humeur, des plus légers aux plus graves. Il est vraiment regrettable que Kraepelin ait choisi le terme de « Folie Maniaco – Dépressive » (reconnue en France sous le terme de PMD ou Psychose Maniaco-Dépressive) bien qu’il connaissait la cyclothymie et qu’il en parle dans son traité.
La cyclothymie a donc ses propres racines historiques, plus anciennes que la PMD. Elle fût développée par un collaborateur de Kahlbaum, Ewald Hecker, en 1889. Un élève de Hecker, Karl Wilmanns reprit en 1906 la question de la cyclothymie. De 1884 à 1906, la signification du mot « cyclothymie » va évoluer. Il ne s’agit pas d’une « folie typique circulaire aboutissant à la démence » mais une forme clinique atténuée de la « folie maniaque dépressive » (définie par Kraepelin).
En France, la cyclothymie aura une autre signification
Gaston Deny, chef de service de psychiatrie à la Salpêtrière (Paris) sera le premier à exposer la cyclothymie comme un déséquilibre de la sensibilité morale. Il se sépare ainsi de la conception allemande de Wilmanns. Deny affirme « à vrai dire, le mot de cyclothymie ne doit pas servir uniquement à désigner les formes frustes de la PMD… Il s’agit d’une exagération d’une constitution psychique spéciale qui préexiste à l’apparition des troubles et survit à leur disparition… ».
Cette constitution psychique est désignée aujourd’hui par « Tempérament Cyclothymique ». Le trouble cyclothymique serait une accentuation de ce tempérament :
« La constitution psychopathique désignée aujourd’hui sous le nom de cyclothymie est inséparable de celle des formes frustes ou atténuées de la psychose maniaco-dépressive, PMD, qui n’en sont que le grossissement ou l’amplification. Cette constitution cyclothymique est essentiellement caractérisée au point de vue clinique par des variations et des oscillations continuelles du ton affectif ou de l’humeur qui s’expriment par un sentiment général de bien-être ou de mal-être, lequel réagit et retentit, à son tour, sur toutes les modes de l’activité psychique ».
Élève de Deny, Pierre Kahn va consacrer sa thèse inaugurale de Médecine sur la cyclothymie : « LA CYCLOTHYMIE : de la constitution cyclothymique et de ses manifestations (dépression et excitation intermittentes) », Paris, 1909 (Steinheil éditeur).
Il est déplorable que tout le travail fourni en France au début du 20ème siècle ne soit pas enseigné, reconnu et renforcé dans les décennies ultérieures. La majorité des cliniciens adopteront le concept de PMD, qui, certainement, met en évidence davantage les formes graves de la bipolarité. Par conséquent les psychiatres ont négligé les formes cliniques les plus légères ou atténuées de la bipolarité, comme la Cyclothymie.
Dans la tradition des grands experts comme Kahlbaum, Hecker, Deny et Kahn, le Dr Hantouche défend la place de la cyclothymie comme une forme basique la plus fréquente de bipolarité (6 fois plus fréquente que les formes épisodiques des troubles BP type I et II).
Il se trouve que les troubles BP avec cyclothymie se distinguent par un âge de début plus précoce, donc une forme qui capte le mieux la bipolarité juvénile (BPJ). De plus, la BPJ se manifeste rarement avec des épisodes typiques de la BP adulte. La succession rapide de cycles brefs d’hypomanie et de dépression intermittentes est la forme la plus typique de la BPJ. En d’autres termes, Cyclothymie et BPJ nous paraissent assez semblables et proches.
De plus, il est curieux de noter qu’avant la dichotomie de la PMD en « Unipolaire / Bipolaire » (au début des années 60), ce concept regroupait tous les troubles de l’humeur ; donc, un concept nettement plus large que celui de bipolarité. Cette réalité est actuellement ignorée par les psychiatres qui continuent de confondre entre PMD et « bipolarité », alors que celle-ci n’est qu’une partie de la PMD. A force d’entretenir cette confusion, les médecins ne reconnaissent que les formes typiques et sévères de bipolarité (voire même les formes psychotiques) et de ce fait la cyclothymie ne sera qu’exceptionnellement utilisée dans leur pratique.
Est-ce la faute à Kraepelin de ne pas utiliser le terme « Cyclothymie » et préférer celui de PMD ? Dommage, car dans cyclothymie, il y a la notion évolutive et dynamique de cycles (et de cercle) et de thymie (toutes les émotions) et le mot de « psychose ou folie » n’est pas du tout mentionné.
Est-ce la faute aux experts qui ont divisé la PMD en unipolaire et bipolaire sur la base de la présence d’épisodes typiques de « Manie » ? Une entité qui sera plus tard désignée par « BP type I » et complétée par des formes type II, II ½ …
En adoptant le terme de Cyclothymie, nous rendons hommage aux origines de la bipolarité d’une part et d’autre part à la réalité clinique de nos très jeunes patients.
Dr Elie Hantouche.
EN SAVOIR PLUS ?
Cyclothymie
Il correspond à la réalité des symptômes chez l'enfant. Un enfant est de type cyclothymique.
De plus , il est moins conoté et vous évitera beaucoup de jugements inutils et faux de la part des autres.
Bipolarité
Ce terme est maintenant associé à maniaco-depression.
Dans l'imaginaire des gens c'est le domaine de la folie, de la psychiatrie lourde.
Or beaucoup ont encore une vision 19ième siècle de la psychiatrie.
Pour nos enfants ce peut-être trés stygmatisant.
Liens :
WIKIPEDIA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclothymie
CTAH : Cyclothymie versus PMD





