06/02/2012

La cyclothymie en quelques chiffres

La cyclothymie, une maladie biologique :

La cyclothymie fait partie de la bipolarité.
Le cerveau cyclothymique régule mal les humeurs :
il oscille en permanence entre dépression et hypomanie (phase d’excitation, d’accélération du cerveau). Il peut basculer d’un état à l’autre plusieurs fois par jour.

La cyclothymie c’est la maladie des excès.
L’enfant suréagit au moindre stimuli. Ses émotions sont vives, ses comportements explosifs. Il a sans cesse des fluctuations d’énergie.

Un enfant nait cyclothymique.
Cela peut débuter vers 5, 6 ans, parfois même plus tôt. En fin d’adolescence, le trouble de l’humeur prend sa forme définitive : maniaco-dépression, bipolarité, cyclothymie...

La cyclothymie en quelques chiffres :

  • Elle concerne plus de 4 % des enfants : c'est à dire plus de 450 000 enfants en France,
    soit une moyenne de 1 à 2 élèves par classe.

  • Selon l’OMS, c'est la 6ième pathologie la plus couteuse et invalidante.

  • Elle provoque 20% des suicides. 44% de ces enfants feront une tentative de suicide dans leur vie.

  • Elle désocialise la famille et déscolarise l’enfant.

  • Dans plus de 50% des cas elle est associée à : hyperactivité, TOC, phobies, addictions, Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), maladie cardio-vasculaire, problèmes thyroïdiens, diabète…

  • Il faut 6 à 10 ans pour obtenir un diagnostic.

Quand la cyclothymie devient un handicap :

  • Taux de mortalité 2 à 3 fois plus élevé.

  • Risque suicidaire majeur : 15% à 20% des sujets non-traités - 44% d'entre-eux feront une TS

  • Abus de substances et addictions de 60%

  • Comorbidité importante : TOC, anxiété, phobies, accident cardio-vasculaire, diabète....
    98% des cyclothymiques ont une comorbidité quand l'age de début est jeune (avant 13 ans)

  • Hospitalisations pour dépression ou crise maniaque.

  • Risques judiciaires

  • Risques professionnel liés à l'instabilité de la personne ( licenciement, créations stériles d'entreprises) : 50%

    Scolarité entravée sérieusement, due a une mauvaise mémorisation

  • Risques familiaux et sociaux (divorces, ruptures amicales, mise en danger de soi et d'autrui lié à l'impulsivité et à la manie)

Il y a du géni dans la cyclothymie : 

Changer le pronostic :

Plus la maladie est prise tôt, moins elle va imprimer des sillons durables dans le cerveau, meilleure sera la réponse aux médicaments stabilisateurs.

Dès l'enfance on peut apprendre bien plus facilement les bons reflexes face aux humeurs : hygiène de vie, comportements gagnants....
Martin, 14 ans : " La bipolarité on ne peut même pas en profiter, sinon on le paye."

Ne voir la bipolarité que sous le prisme du handicap serait érroné.
En effet, stabilisée, la personne vit parfaitement normalement.

De plus, la bipolarité s'accompagne de potentiels élevés comme l'empathie, la créativité, le leadership, l'intelligence, la sensibilité, qui maitrisés permettent de réaliser de grands projets pour de grandes destinées.

On compte parmis les bipolaires célèbres : Churchill, Napoléon, Marilyn Monroe, Hemingway....

Ce que vivent les familles :


LES CRISES

Les familles affrontent des crises récurrentes, de plus en plus fortes et sur lesquelles l’éducation n’a que très peu de prise. Ces crises sont la plupart du temps liées aux émotions qui débordent, à l’incapacité de l’enfant à les gérer, surtout les frustrations.
C’est une incapacité physiologique.

DES RAPPORTS HOULEUX :

L’enfant cyclothymique est explosif. On ne sait jamais si ça va ou si ça ne va pas. Si la journée va bien se terminer. L’enfant petit à petit devient ingérable, il se bagarre sans cesse, s’oppose, prend des risques...

ISOLEMENT DES FAMILLES :

Les familles finissent par s’isoler. Certaines n’osent plus aller faire des activités avec leurs enfants par peur de la crise. Bien souvent les amis s’éloignent, et parfois même la famille.

CULPABILITE :

La famille vit sous le joug de la culpabilité : culpabilité d’être un mauvais parent, un mauvais enfant.
Culpabilité face à la «folie» et les tabous qu’elle engendre. La société entière se charge de les
stigmatiser : les proches, l’école, les médecins, les institutions ....

La cyclothymie ce n’est pas un problème d’éducation, ni un problème de personnalité, mais bien un problème chimique du cerveau.

Nos enfants ne sont pas fous, ils ont un organe qui dysfonctionne :
Comme un diabétique dont le corps ne régule pas les sucres, leur cerveau ne régule pas leurs humeurs.

Voir fiche : Impact de la cyclothymie sur la famille



EN SAVOIR PLUS ?

=> Contre la peur de la psychiatrie :
Parlez de cyclothymie car elle correspond parfaitement aux symptômes des enfants « bipolaires » et c'est moins stigmatisant.

=> Agir en amont, en prévention :
Encouragez le diagnostic précoce pour améliorer le pronostic à l’âge adulte, pour adapter l’éducation parentale et scolaire à ces enfants particuliers. N'ayez pas peur d'en parler.

=> Contrer les réactions excessives du tout médicament ou du non-diagnostic...
Il existe une voie médiane, c’est celle que souhaite Bicycle.

Savoir pour agir avec équilibre sans compromettre l’avenir de l’enfant.

Liens :

CTAH : http://www.ctah.eu/
CLINIQUE DU CHATEAU DE GARCHES : Conséquences sociales du trouble bipolaire
MOOD INSTITUT: http://www.moodinstitute.com/
ARGOS2001: http://www.argos2001.fr/
BIPOL ENTREPRISE :http://www.bipol.org/index.php
BPKID :http://www.bpkids.org/
TROUBLE BIPOLAIRE: http://www.troubles-bipolaires.com
FONDATION FONDAMENTALE : Les troubles bipolaires

Bibliographie :

"Troubles bipolaires, manie, hypomanie et dépression"
Dr Elie Hantouche - MEDI-TEXT Editions

"Clinical manual for bipolar disorders in children and adolescent."
R. Kowatch, M fristad, R Findling, R M Post. - American psychiatric publishing 2009

Sources :


BICYCLE, Maison des associations,
17 square de l’Hébergerie 78450 Villepreux